Après plusieurs mois de calme, les taux de crédit immobilier remontent doucement. Voici ce qui se passe, pourquoi, et surtout comment aborder votre projet sereinement.

Des taux en légère hausse
La rentrée a marqué la fin d’une période de stabilité. Selon les baromètres des courtiers, les taux moyens de septembre atteignent 3,38 % sur 15 ans, 3,52 % sur 20 ans et 3,67 % sur 25 ans, les grilles des banques ayant gagné 0,11 point en moyenne à la rentrée.
Sur 25 ans, on trouve aujourd’hui des conditions allant d’environ 3,40 % à 4,10 % selon les banques. Concrètement, cela veut dire qu’à revenus égaux, le budget d’achat peut varier d’une banque à l’autre. D’où l’intérêt de bien comparer.
L’OAT 10 ans : l’indicateur à surveiller
Derrière ce nom un peu technique se cache une idée simple. L’OAT 10 ans, c’est le taux auquel l’État français emprunte de l’argent sur 10 ans. Pour les banques, c’est un repère important, car il reflète en partie ce que leur coûte l’argent qu’elles prêtent sur le long terme.
Or cet indicateur a nettement grimpé. Il était en moyenne à 3,53 % en janvier 2026, et il a franchi la barre des 4,5 % le 14 septembre, un niveau inédit depuis la crise de 2008. L’Agence France Trésor l’affichait à 4,72 % le 28 septembre.
Ce n’est pas le seul facteur : le 10 septembre, la Banque centrale européenne a relevé ses taux de 0,25 %, en raison d’une inflation persistante liée notamment au conflit au Moyen-Orient.
Et pour octobre ?
Quand ce type de hausse dure, les banques finissent généralement par ajuster leurs barèmes. Pour l’instant, elles n’ont pas encore de visibilité précise sur leurs conditions d’octobre : tout dépendra de l’évolution de l’OAT dans les prochaines semaines.
Les bonnes nouvelles à retenir
Cette hausse mérite d’être relativisée, et plusieurs éléments restent très favorables aux acheteurs.
Les banques continuent de prêter et de négocier. Elles réduisent leurs remises sur les meilleurs dossiers, mais sans fermer le robinet du crédit : la négociation reste possible, surtout pour les profils solides. Les très bons dossiers obtiennent encore d’excellentes conditions : Notre partenaire CAFPI relève des offres à 3 % sur 15 ans, 3,10 % sur 20 ans et 3,25 % sur 25 ans pour les profils les mieux notés.
Les banques absorbent une partie de la hausse. Aujourd’hui, les taux de crédit immobilier restent inférieurs au taux auquel l’État emprunte lui-même, une situation que les spécialistes qualifient d’historique. Autrement dit, les banques font des efforts pour rester attractives.
Plus de dossiers peuvent être financés. Le taux d’usure, c’est-à-dire le taux maximum autorisé pour un crédit (assurance et frais compris), augmente : au 1er octobre 2026, il passe à 5,40 % pour les prêts de 20 ans et plus, contre 5,29 % auparavant. Ce plafond plus élevé pourrait contribuer à détendre le marché, notamment pour les dossiers les plus fragiles.
Les prix sont stables et la négociation est de retour. D’après les Notaires de France, les prix des logements anciens sont quasi stables sur un an (+0,2 %), et la négociation redevient la règle. Un contexte qui donne aux acheteurs bien préparés un vrai pouvoir de discussion.
Notre conseil
Dans un marché qui bouge, la meilleure stratégie reste de bien préparer son projet : faire le point sur son budget, soigner son dossier de financement et comparer les offres. Un taux se négocie toujours en fonction de votre profil, de votre apport et de votre projet. Nos conseillers sont à vos côtés pour vous aider à y voir clair et à saisir les bonnes opportunités.
Sources
CAFPI / Meilleurtaux, Notaires de France